Oignons doux des Cévennes : la canicule et le manque d’eau pèsent sur les récoltes

La chaleur et le manque d’eau fragilisent la culture de l’oignon doux des Cévennes. Dans un entretien à Midi Libre, Philippe Boisson, président de la coopérative Origine Cévennes, qui regroupe 60 producteurs, décrit une récolte en baisse et des inquiétudes sur la conservation des bulbes. Son témoignage souligne aussi les difficultés d’adaptation d’une production dépendante de l’irrigation.

La chaleur et le manque d’eau fragilisent la culture de l’oignon doux des Cévennes. Dans un entretien à Midi Libre, Philippe Boisson, président de la coopérative Origine Cévennes, qui regroupe 60 producteurs, décrit une récolte en baisse et des inquiétudes sur la conservation des bulbes. Son témoignage souligne aussi les difficultés d’adaptation d’une production dépendante de l’irrigation.

Une récolte réduite, des pertes encore possibles

Pour la récolte décrite dans l’entretien, Philippe Boisson annonce un volume autour de 1 600 tonnes au total, alors que, lors des bonnes années, la production dépassait les 2 000 tonnes. Il rapporte des chaleurs particulièrement difficiles à supporter pour les cultures, accompagnées d’une diminution de l’eau dans les rivières. Selon lui, même les fonds de vallée n’ont pas bénéficié du rafraîchissement habituel.

Les dégâts ne sont pas uniformes sur le territoire. Les secteurs de Sumène et de Saint-Martial, plus au sud, auraient davantage souffert que ceux de Valleraugue ou du Val d’Aigoual, indique le président de la coopérative.

Le volume récolté ne correspondra pas nécessairement au volume vendu. Philippe Boisson redoute une moins bonne conservation des oignons affectés par la chaleur. Il décrit un feuillage brûlé par le soleil, puis des entrées d’eau au cœur des bulbes et des problèmes de bactériose. Ces difficultés pourraient donc prolonger les pertes après l’arrachage.

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L’eau, au centre des choix de culture

Sur sa propre exploitation, le producteur fait état d’une baisse de 50 % de sa production d’oignons. Faute d’eau suffisante, il explique avoir cessé d’arroser certaines parcelles pour préserver les autres. Ce cas illustre les arbitrages auxquels il dit avoir été confronté, sans mesurer à lui seul la situation de chaque exploitation de la coopérative.

Pour répondre aux besoins d’irrigation, les producteurs demandent des micro-bassines de 3 000 m3. Philippe Boisson présente ces réserves comme une réponse au décalage entre les épisodes de pluie et les périodes où les cultures manquent d’eau.

Il indique qu’un dossier de maturation est à l’étude à la Draaf et déplore la complexité des démarches, notamment les études d’impact et géologiques. Le stockage d’eau reste ici une solution défendue par les producteurs : l’entretien expose leur demande, mais ne fournit pas les conclusions de ces études ni une évaluation des effets des projets envisagés.

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Adapter les pratiques reste difficile

Planter plus tôt fait partie des pistes évoquées. Cette adaptation suppose toutefois de pouvoir préparer les sols en amont, ce que des pluies persistantes peuvent empêcher, explique Philippe Boisson.

La diversification n’écarte pas non plus la question de l’eau. Le producteur, qui cultive également des pommes et élève des ovins, rapporte une baisse de 30 % de sa récolte de pommes. Dans son témoignage, les difficultés ne se limitent donc pas à l’oignon doux.

La capacité à vivre du métier en question

Au-delà des volumes, Philippe Boisson insiste sur la rémunération et la fatigue des agriculteurs. Il rapporte des appels de membres de la coopérative préoccupés par leur capacité à poursuivre leur activité.

Il souligne pourtant la présence de jeunes prêts à reprendre les exploitations. L’enjeu qu’il décrit est de pouvoir tirer un revenu de récoltes suffisantes, malgré les pertes et les contraintes d’irrigation. Son témoignage exprime ainsi une inquiétude pour la continuité de cette culture cévenole, plutôt que l’annonce de sa disparition.

Source : www.midilibre.fr

Isabelle Lefebvre
Isabelle Lefebvre

Mon carnet à couverture lavable m’accompagne en cuisine : je tiens à pouvoir le nettoyer sans perdre mes notes. Je suis Isabelle Lefebvre, rédactrice en gastronomie. J’ai appris le métier sur le terrain, en rencontrant ceux qui cuisinent et ceux qui produisent. Je sais vérifier une information, comprendre une technique et poser les questions utiles. Des confrères me recommandent pour la fiabilité de mes enquêtes et ma connaissance du secteur. Ici, je couvre l’actualité gastronomique, des produits aux changements qui touchent la restauration.

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