Des fraises de plein champ récoltées en octobre : à Rustenhart, près de Colmar, Thierry Peterschmitt poursuit exceptionnellement la cueillette en ce début d’automne 2026. Selon ce producteur alsacien, la douceur et le temps sec permettent aux fruits de mûrir sans subir les pourritures habituellement favorisées par l’humidité. Cette récolte reste toutefois modeste : quelques dizaines de kilos, destinés à un supermarché voisin.
Des fraises d’octobre d’une qualité inhabituelle
Installé depuis plus de trente ans en Alsace, Thierry Peterschmitt consacre son exploitation à la production de fraises. Dans le reportage de franceinfo publié le 7 octobre, il décrit des fruits particulièrement rouges et sucrés, d’une qualité qu’il dit n’avoir jamais observée à cette période dans ses champs.
Le producteur les juge même meilleures qu’en pleine saison. Son explication : elles disposent de davantage de temps pour mûrir qu’en mai et juin, lorsque la récolte bat son plein. Il s’agit de son appréciation sur cette production précise, et non d’une règle selon laquelle les fraises d’automne seraient toujours plus savoureuses.
Cette cueillette tardive intervient dans un contexte de chaleur inhabituelle. D’après franceinfo, septembre a été classé parmi les mois de septembre les plus chauds depuis le début des relevés de Météo-France. Le reportage ne précise cependant ni son rang exact ni les températures relevées sur l’exploitation.
Le temps sec limite surtout les pertes liées à l’humidité
Pour comprendre cette récolte, le producteur insiste sur l’absence d’humidité. Habituellement, explique-t-il, les brouillards de septembre et d’octobre compliquent la maturation : les fruits mettent du temps à mûrir et peuvent pourrir avant d’être ramassés.
Cette année, les conditions sèches changent la situation sur ses parcelles. Thierry Peterschmitt affirme ne pas y observer de maladies à ce stade. Des fraises qui auraient pu être perdues lors d’un automne plus humide peuvent ainsi parvenir jusqu’à la cueillette.
La nuance compte : ce témoignage ne signifie pas que la sécheresse soit, en général, bénéfique aux fraisiers. Le reportage ne renseigne ni les besoins en eau des plants ni les éventuelles pratiques d’irrigation. Il décrit un effet favorable du temps sec sur la conservation des fruits dans les champs, dans les conditions particulières de cette exploitation.
Une petite récolte qui demande malgré tout du travail
Ces fraises ne représentent pas une nouvelle pleine saison. Les volumes restent limités à quelques dizaines de kilos, que le producteur ramasse pour les livrer au supermarché du coin. Rien ne permet donc de conclure à une disponibilité généralisée des fraises alsaciennes en octobre.
Sur l’exploitation, cette prolongation n’avait pas été anticipée. Thierry Peterschmitt et ses enfants assurent eux-mêmes la cueillette, tandis que son seul salarié prépare déjà les fraisiers pour la prochaine récolte.
Le producteur signale aussi une petite perte parmi les fruits qui mûrissent. Même lorsque la météo permet de prolonger la production, il faut pouvoir intervenir au bon moment. Cette récolte supplémentaire s’ajoute ainsi aux travaux prévus, sans remplacer la préparation de la saison suivante.
La prochaine récolte est normalement attendue début mai. Ce calendrier reste une prévision : le producteur lui-même précise que c’est ce qui devrait se passer « normalement ».
Si vous trouvez des fraises en automne, vérifiez leur provenance
La présence de fraises sur un étal en octobre ne suffit pas à savoir où ni comment elles ont été produites. Le cas de Rustenhart montre qu’une récolte locale de plein champ peut se prolonger, mais il ne renseigne pas sur l’origine des autres barquettes proposées à la vente.
Pour choisir en connaissance de cause, vous pouvez vous appuyer sur quelques vérifications simples :
- Consultez l’origine indiquée et demandez le lieu de production si vous recherchez des fraises locales.
- Si le mode de culture vous intéresse, demandez si les fruits viennent du plein champ ou d’une culture sous abri.
- Observez leur état : privilégiez les fruits intacts, sans moisissure visible ni zones écrasées.
- Achetez une quantité adaptée à votre consommation, plutôt que de faire des réserves parce que la récolte paraît exceptionnelle.
Chez vous, conservez les fraises au réfrigérateur si vous ne les mangez pas rapidement. Évitez de les laisser humides après lavage et rincez-les de préférence juste avant de les consommer. Ces gestes restent utiles, quelle que soit la saison de récolte.
Ce qu’il faut retenir
À Rustenhart, la douceur et surtout le manque d’humidité permettent exceptionnellement de récolter encore des fraises de plein champ en octobre. Le producteur décrit des fruits de grande qualité, mais les quantités sont faibles et la cueillette repose sur une organisation familiale improvisée. Pour vous, cette situation peut offrir une occasion ponctuelle d’acheter des fraises locales : vérifiez leur provenance, sans y voir une nouvelle saison durablement installée.

