Faire une place à la viande comme au végétal, sans opposer systématiquement les aliments d’origine animale aux aliments d’origine végétale : c’est la position défendue par Marie-Pierre Ellies-Oury, chercheuse associée à l’Inrae et professeure à Bordeaux Sciences Agro. Invitée de La France Agricole, elle plaide pour une consommation raisonnée de viande et appelle à examiner la nature des produits proposés pour la remplacer.
Sortir de l’opposition entre tout-viande et tout-végétal
Pour Marie-Pierre Ellies-Oury, la réflexion sur l’alimentation ne doit pas se réduire au choix exclusif d’une catégorie d’aliments. « La solution d’avenir est de ne pas être sur un système binaire, tout-viande ou tout-végétal, mais d’avoir de la place pour les deux », explique-t-elle.
Sa prise de position associe donc une place maintenue pour la viande à celle du végétal. Elle ne défend pas une alimentation centrée exclusivement sur les produits animaux : son propos porte sur leur coexistence avec les aliments végétaux, dans le cadre d’une consommation qu’elle souhaite raisonnée.
Des substituts végétaux à considérer selon leur nature
La chercheuse apporte une réserve ciblée concernant les alternatives à la viande. Elle souligne leur diversité : « Il faut trouver quelle alternative. Parce qu’il y a différentes formes d’alternatives. » Son avertissement ne vise donc pas indistinctement tous les aliments végétaux.
Il concerne précisément le remplacement d’un produit brut par un produit ultratransformé. « Remplacer un produit brut tel que la viande par un produit ultratransformé, ça ne sera pas nécessairement une bonne idée », estime-t-elle.
Le point central de son intervention est cette distinction : l’origine végétale d’un substitut ne suffit pas, dans son raisonnement, à conclure à l’intérêt du remplacement. Pour vous, la question soulevée n’est donc pas seulement celle de la présence ou de l’absence de viande, mais aussi celle du type d’aliment choisi à sa place.
Source : www.lafranceagricole.fr





