Dans le massif de la Clape, un projet collectif vise à stocker des eaux circulant dans les canaux de la plaine de Narbonne pour irriguer les vignes en été. Selon L’Indépendant, il repose sur la création de bassins et d’un réseau de distribution sous pression. Les sites envisagés, leur dimensionnement et leurs incidences restent soumis à des études.
Stocker l’eau avant son arrivée dans les lagunes
Le principe consiste à récupérer une partie des eaux transitant notamment par les canaux de Grand Vigne et de Lastours, avant qu’elles ne rejoignent les milieux lagunaires. Ces écoulements proviennent de l’irrigation gravitaire, des submersions utilisées pour lutter contre la salinité des sols, des pluies et, selon les épisodes, des eaux de crue.
Christophe Server, président de l’union des ASA et de l’ASA de Raonel, explique que la réflexion est partie d’échanges avec les pêcheurs de l’étang de Campignol, à Gruissan. Ceux-ci signalaient des apports d’eau douce en été, alors qu’ils estimaient nécessaire une alternance entre salinisation estivale et dessalement hivernal pour le fonctionnement de l’étang.
Une première hypothèse prévoyait de barrer les canaux et de pomper directement l’eau vers la Clape. Elle a été abandonnée après la demande de la DDTM d’arrêter la submersion estivale. Les porteurs du projet se sont alors orientés vers des réserves de stockage.
Des réserves et un réseau pour les exploitations
L’Association syndicale libre des vignobles de la Clape porte le projet. Il concerne 45 exploitations, sur un périmètre de 700 à 800 hectares, principalement dans les communes de Narbonne et d’Armissan.
Les bassins envisagés seraient situés près de l’aérodrome, route de Vinassan, pour une superficie inférieure à 10 ha, et à proximité du domaine de Langel, sur une quarantaine d’hectares. Leur remplissage aurait lieu du début du printemps jusqu’au début juillet, afin de disposer d’eau pour l’irrigation estivale.
Leur combinaison pourrait atteindre un objectif de stockage de l’ordre de 400 000 à 600 000 m³. La distribution vers les parcelles reposerait sur 61 km de tuyaux, avec un réseau sous pression et des stations de surpression.
L’objectif annoncé par Christophe Server est de réutiliser une eau déjà mobilisée, sans augmenter les prélèvements initiaux dans l’Aude ou la Robine pour alimenter le projet. Les réserves pourraient aussi servir à la défense des forêts contre les incendies, grâce à un accès à l’eau et à l’aménagement éventuel d’une aire d’aspiration.
Des écoulements mesurés, mais pas entièrement mobilisables
Un suivi des écoulements a été engagé à partir de 2023. Selon les résultats présentés dans la source, plus de 2 millions de mètres cubes auraient transité dans les canaux suivis entre début juin et fin septembre 2026. Ce chiffre décrit une estimation des écoulements observés : il ne correspond pas, à ce stade, à un volume intégralement mobilisable ou autorisé pour l’irrigation.
Les premières observations sur la salinité sont présentées comme encourageantes. Le texte ne fournit toutefois pas de résultats détaillés permettant de préciser la qualité de l’eau destinée aux parcelles.
Des études et un financement à préciser
Une étude hydraulique du réseau, un premier diagnostic environnemental comprenant une analyse des incidences Natura 2000, ainsi qu’une étude de faisabilité territoriale pour rechercher les sites de stockage ont été engagés. Les hypothèses d’aménagement restent soumises aux études géotechniques, hydrauliques et environnementales.
Pour les travaux, l’enveloppe prévisionnelle évoquée est de 10 à 15 millions d’euros. Elle dépendra du dimensionnement et des caractéristiques des retenues. Des subventions européennes sont envisagées, tandis que des échanges préliminaires avec la Banque des Territoires sont rapportés pour un financement de longue durée. La source évoque une irrigation possible à l’horizon 2030, comme perspective du projet et non comme calendrier arrêté.
Source : www.lindependant.fr





