Dans la Clape, un projet de stockage des eaux des canaux pour irriguer les vignes

Dans le massif de la Clape, un projet collectif vise à stocker des eaux circulant dans les canaux de la plaine de Narbonne pour irriguer les vignes en été. Selon L’Indépendant, il repose sur la création de bassins et d’un réseau de distribution sous pression. Les sites envisagés, leur dimensionnement et leurs incidences restent soumis à des études.

Dans le massif de la Clape, un projet collectif vise à stocker des eaux circulant dans les canaux de la plaine de Narbonne pour irriguer les vignes en été. Selon L’Indépendant, il repose sur la création de bassins et d’un réseau de distribution sous pression. Les sites envisagés, leur dimensionnement et leurs incidences restent soumis à des études.

Stocker l’eau avant son arrivée dans les lagunes

Le principe consiste à récupérer une partie des eaux transitant notamment par les canaux de Grand Vigne et de Lastours, avant qu’elles ne rejoignent les milieux lagunaires. Ces écoulements proviennent de l’irrigation gravitaire, des submersions utilisées pour lutter contre la salinité des sols, des pluies et, selon les épisodes, des eaux de crue.

Christophe Server, président de l’union des ASA et de l’ASA de Raonel, explique que la réflexion est partie d’échanges avec les pêcheurs de l’étang de Campignol, à Gruissan. Ceux-ci signalaient des apports d’eau douce en été, alors qu’ils estimaient nécessaire une alternance entre salinisation estivale et dessalement hivernal pour le fonctionnement de l’étang.

Une première hypothèse prévoyait de barrer les canaux et de pomper directement l’eau vers la Clape. Elle a été abandonnée après la demande de la DDTM d’arrêter la submersion estivale. Les porteurs du projet se sont alors orientés vers des réserves de stockage.

Vol de fruits et légumes dans les champs : le glanage, rempart contre l’inflation en France
Vol de fruits et légumes dans les champs : le glanage, rempart contre l’inflation en France

Ramasser des fruits et légumes dans un champ peut alléger le budget alimentaire, mais seulement si vous ne prélevez pas la récolte d’un agriculteur. Le glanage après récolte, pratiqué avec son accord et dans le respect des règles locales, permet de récupérer certains produits laissés sur place. Il ne faut... Lire la suite

Des réserves et un réseau pour les exploitations

L’Association syndicale libre des vignobles de la Clape porte le projet. Il concerne 45 exploitations, sur un périmètre de 700 à 800 hectares, principalement dans les communes de Narbonne et d’Armissan.

Les bassins envisagés seraient situés près de l’aérodrome, route de Vinassan, pour une superficie inférieure à 10 ha, et à proximité du domaine de Langel, sur une quarantaine d’hectares. Leur remplissage aurait lieu du début du printemps jusqu’au début juillet, afin de disposer d’eau pour l’irrigation estivale.

Leur combinaison pourrait atteindre un objectif de stockage de l’ordre de 400 000 à 600 000 m³. La distribution vers les parcelles reposerait sur 61 km de tuyaux, avec un réseau sous pression et des stations de surpression.

L’objectif annoncé par Christophe Server est de réutiliser une eau déjà mobilisée, sans augmenter les prélèvements initiaux dans l’Aude ou la Robine pour alimenter le projet. Les réserves pourraient aussi servir à la défense des forêts contre les incendies, grâce à un accès à l’eau et à l’aménagement éventuel d’une aire d’aspiration.

💬

Des écoulements mesurés, mais pas entièrement mobilisables

Un suivi des écoulements a été engagé à partir de 2023. Selon les résultats présentés dans la source, plus de 2 millions de mètres cubes auraient transité dans les canaux suivis entre début juin et fin septembre 2026. Ce chiffre décrit une estimation des écoulements observés : il ne correspond pas, à ce stade, à un volume intégralement mobilisable ou autorisé pour l’irrigation.

Les premières observations sur la salinité sont présentées comme encourageantes. Le texte ne fournit toutefois pas de résultats détaillés permettant de préciser la qualité de l’eau destinée aux parcelles.

Des études et un financement à préciser

Une étude hydraulique du réseau, un premier diagnostic environnemental comprenant une analyse des incidences Natura 2000, ainsi qu’une étude de faisabilité territoriale pour rechercher les sites de stockage ont été engagés. Les hypothèses d’aménagement restent soumises aux études géotechniques, hydrauliques et environnementales.

Pour les travaux, l’enveloppe prévisionnelle évoquée est de 10 à 15 millions d’euros. Elle dépendra du dimensionnement et des caractéristiques des retenues. Des subventions européennes sont envisagées, tandis que des échanges préliminaires avec la Banque des Territoires sont rapportés pour un financement de longue durée. La source évoque une irrigation possible à l’horizon 2030, comme perspective du projet et non comme calendrier arrêté.

Source : www.lindependant.fr

Isabelle Lefebvre
Isabelle Lefebvre

Mon carnet à couverture lavable m’accompagne en cuisine : je tiens à pouvoir le nettoyer sans perdre mes notes. Je suis Isabelle Lefebvre, rédactrice en gastronomie. J’ai appris le métier sur le terrain, en rencontrant ceux qui cuisinent et ceux qui produisent. Je sais vérifier une information, comprendre une technique et poser les questions utiles. Des confrères me recommandent pour la fiabilité de mes enquêtes et ma connaissance du secteur. Ici, je couvre l’actualité gastronomique, des produits aux changements qui touchent la restauration.

Articles: 0

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *